jueves, 22 de noviembre de 2012

Calle Melancolía


Como quien viaja a lomos de una yegua sombría,
por la ciudad camino, no preguntéis adónde.
Busco acaso un encuentro que me ilumine el día,
y no hallo más que puertas que niegan lo que esconden.



Las chimeneas vierten su vómito de humo
a un cielo cada vez más lejano y más alto.
Por las paredes ocres se desparrama el zumo
de una fruta de sangre crecida en el asfalto.

Ya el campo estará verde, debe ser primavera,
cruza por mi mirada un tren interminable,
el barrio donde habito no es ninguna pradera,
desolado paisaje de antenas y de cables.

Vivo en el número siete, calle Melancolía.
Quiero mudarme hace años al barrio de la alegría.
Pero siempre que lo intento ha salido ya el tranvía
y en la escalera me siento a silbar mi melodía.

Como quien viaja a bordo de un barco enloquecido,
que viene de la noche y va a ninguna parte,
así mis pies descienden la cuesta del olvido,
fatigados de tanto andar sin encontrarte.

Luego, de vuelta a casa, enciendo un cigarrillo,
ordeno mis papeles, resuelvo un crucigrama;
me enfado con las sombras que pueblan los pasillos
y me abrazo a la ausencia que dejas en mi cama.

Trepo por tu recuerdo como una enredadera
que no encuentra ventanas donde agarrarse, soy
esa absurda epidemia que sufren las aceras,
si quieres encontrarme, ya sabes dónde estoy.



lunes, 12 de noviembre de 2012

Il Viaggiatore

Tu mi dai voglia di vivere



Questa è la tua ora, parti, viaggiatore

che ancora molto per te deve accadere. 
Per anni sui mari ti sei avventurato, 
seguendo cauto le vie delle tue carte. 
Quale desiderio rende inquieto il tuo cuore, 
quale marea ti sta rubando il sonno. 
Tu che nella tempesta sicuro hai navigato, 
è questa l'ora, parti, viaggiatore. 
Apri le vele ad accogliere il vento 
che ancora molto per te deve accadere. 
Cerca la rotta seguendo la corrente 
verse un'oscura, remota stella. 
Quale desiderio rende inquieto il tuo cuore, 
quale marea ti sta rubando il sonno. 
Senza esitare abbandona il tuo porto, 
è questa l'ora, parti, viaggiatore.

jueves, 8 de noviembre de 2012

J'ai vécu




Quand je prendrai, solitaire, l'aller simple sans retour
que tout homme de la Terre prend un jour
pour aller voir Dieu le Père et lui compter mes vertus
je lui dirai sans manières «J'ai vécu»

J'ai vécu la vie d'un être, pétri de chair et de sang
J'ai vécu chaque seconde de mon temps
J'ai vécu pour tout connaître de ce qui m'était offert
sans souci d'aller au ciel ou en enfer
pensant que je n'avais rien de mieux à faire

Ni plus ni moins optimiste que le reste des humains
j'ai mené la vie d'artiste, pas de saint
et lorsque s'éteint la piste, que le spectacle s'est tu
admettons qu'en égoïste j'ai vécu

J'ai vécu la vie d'un être qui n'aspirait qu'au bonheur
J'ai vécu jusqu'à m'en déchirer le cœur
J'ai vécu, mon Dieu, peut-être sans penser à mon salut
mais sur Terre, on m'avait affirmé que tu
laissais venir à toi les brebis perdues

Si mes lettres de créance semblaient minces et sans effet
si, pour toucher sa clémence, je devais
justifier mon existence en détail, par le menu
je dirais pour ma défense «J'ai vécu»

J'ai vécu, le feu dans l'âme pour les filles au cœur chaud
J'ai vécu, le désir planté dans la peau
J'ai vécu, au nom des femmes pour l'amour et ses envies
croyant par moments toucher le paradis
en brûlant mes jours et consumant mes nuits
J'ai vécu ma vie